
Toxcity
Une histoire orale de l'héroïne à Liège
Sarah Fautré • Eric Collard • Marc Monaco
Pour nous qui habitons la ville de Liège ou qui y avons habité, l'héroïne a toujours été plus ou moins présente.
Combien de connaissances « sont tombées dedans » ?
Combien d'amis ont traversé les affres de la vie de junkie ?
Il n’existe pas un jour sans croiser un « tox » sur le chemin. Justement, ces « tox » qui vivent auprès de nous depuis si longtemps, nous ne les avons finalement que très peu entendus. A présent, on sort le micro et on écoute.
Faire l'histoire de la consommation d'héroïne à Liège, c'est sans doute une manière d'approcher et de découvrir autrement la vie que nous menons en ville. Pour ce faire, nous avons choisi de réaliser une histoire orale qui multiplie les points de vue. L'histoire orale est un révélateur inégalable pour reconstituer l'atmosphère et les mentalités d'une époque. Elle met en relief une série de petits faits qui constituent l'existence. Mais pas seulement. Pour nous - Sarah, Eric et Marc - c'est une pratique nécessairement engagée, nécessairement subjective.
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Épisodes

Chasser le dragon
Sarah a vécu à Liège pendant 8 ans. Même si cela fait déjà plus de 10 ans qu'elle habite ailleurs, elle y revient souvent. Elle a gardé des amis et de nombreux souvenirs, certains bons, d’autres moins. Elle a partagé son quotidien avec les héroïnomanes, ceux qu’on appelle les « tox », sans jamais vraiment comprendre. Elle a dit « pardon, j'aimerai sortir de chez moi » à des gars qui cherchaient un coin calme dans le creux de son immeuble. Elle a piétiné des boîtes de Rohypnol vides jonchant le trottoir. Elle a croisé des êtres humains devenus zombies à force de mélanger benzodiazépines, alcool et came à bon marché. Certaines personnes avec qui elle avait partagé l'ivresse des fêtes du week-end, ont glissé peu à peu, les semaines suivantes, sur la pente douce et ouateuse de l’héroïne. Elle a pris ses distances mais elle était touchée. Depuis lors, elle se demande ce que sont devenus ces spectres qui hantaient les coins de rues, les impasses et les parkings en sous-sol. Ces coins sombres, Sarah a eu envie de les découvrir avec ses amis, Eric et Marco. Et puis, un jour, ils se sont dit «Rentrons dans Toxcity, descendons dans la noirceur du fleuve qui la traverse ».
Réalisation
Eric Collard, Sarah Fautré, Marc Monaco
Mixage
Maxime Coton
Prise de son
Sébastien Demeffe et Sarah Fautré
Montage
Sébastien Demeffe
Création sonore
Sébastien Demeffe et Maxime Coton
Prix
Prix Scam Belgique / 2015 - Prix du meilleur documentaire
En co-production avec « D’Une Certaine Gaieté » Asbl
Avec le soutien de FACR de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Trottoirs, portes et couloirs
Liège est une ville qui n'a pas de centre. Son centre est englouti dans le lit du fleuve. Il n'y a qu'au pied des berges, une fois à quai, qu'on comprend la dimension humaine de la ville et comment elle se déploie. Lorsqu’on prend de la hauteur, on découvre ses voies d’accès, sa circulation, ses trafics.
La vie dans « Toxcity » c’est aussi une multitude d'interactions entre des individus et des institutions. Le palais de justice, le commissariat de police, l’hôpital, l’association d'aide, les grands magasins, tous ces lieux sont des points d'entrées et de sorties quotidiens des usagers de drogues.
Mais quels points de vue ces institutions ont-elles de la toxicomanie? Et comment les usagers de drogues dealent-ils avec elles?
Le trio qu'Eric, Sarah et Marc forment part cette fois à la rencontre des acteurs de terrain, à l’écoute de ceux qui observent, soignent, aident, canalisent ou punissent ceux pour qui, l’héroïne ne signifie qu'un chagrin d'amour sans fin.
Réalisation
Eric Collard, Sarah Fautré, Marc Monaco
Mixage
Maxime Coton
Prise de son
Sébastien Demeffe et Sarah Fautré
Montage
Sébastien Demeffe
Création sonore
Sébastien Demeffe et Maxime Coton
Prix
Prix Scam Belgique / 2015 - Prix du meilleur documentaire
En co-production avec « D’Une Certaine Gaieté » Asbl
Avec le soutien de FACR de la Fédération Wallonie-Bruxelles

L’épreuve du labyrinthe
Le temps passe, les corps vieillissent, l'habitude gangrène l'esprit. Arrive parfois, ce que l'on appelle le déclic où l'on bascule petit à petit vers d'autres évasions. Au pied des collines l'air peut sembler pesant, la circulation trop dense et le bruit trop intense. Pour ne pas tourner en rond, il est parfois bon de prendre de la hauteur. Eric propose d’emprunter un escalier qui nous mène sur les coteaux. Marco suggère une balade sur les terrils. Pour les héroïnomanes, sortir de « Toxcity", ce n'est pas nécessairement se mettre au vert. Cela peut vouloir dire, finir en prison ou prématurément au cimetière. Dans la plupart des cas, la sortie, c'est se confronter au passé, comprendre ce savant mélange d'attirance et de répulsion. Mais c'est aussi accepter sa fragilité pour avoir envie de bifurquer et changer de route.
Réalisation
Eric Collard, Sarah Fautré, Marc Monaco
Mixage
Maxime Coton
Prise de son
Sébastien Demeffe et Sarah Fautré
Montage
Sébastien Demeffe
Création sonore
Sébastien Demeffe et Maxime Coton
Prix
Prix Scam Belgique / 2015 - Prix du meilleur documentaire
En co-production avec « D’Une Certaine Gaieté » Asbl
Avec le soutien de FACR de la Fédération Wallonie-Bruxelles